la-minute-encyclopédique

pensée du jour, écrits et images

30 juin 2009

angoisse de la page blanche

Dorothée était assise à son bureau face à son lap-top ouvert et écrivait. Ou plutôt essayait d’écrire. ElleUmmaGumma travaillait à cette nouvelle sur une femme qui écrit et, paradoxalement, ne trouvait pas l’inspiration.
Cette mise en abîme lui donnait un peu le vertige comme ce tableau de Magritte où l’on voit un homme de dos regarder dans un miroir son reflet également de dos.

Pourquoi avait-elle tant de mal avec cette Dorothée ? Elle n’avait pourtant eu aucun mal à se glisser dans la peau de ce chasseur de légendes du XXIIe siècle ou de cette moniale du Xe siècle. Quand elle écrivait l’histoire de Blanche, elle pensait avec Blanche, elle mangeait avec Blanche, elle pleurait avec Blanche, elle devinait sans effort ce que Blanche pensait ou ce qu’elle allait faire. Blanche était sa créature, son double, sa sœur ; Blanche allait de soi et coulait de source. Blanche n’était pas née dans la douleur et vivait sans histoire. Enfin sans histoire, je me comprends, ça serait quand même le comble qu’un personnage de fiction existe sans histoire. Un abîme de nouveau !...

InfiniteCatLa femme écrivain de sa nouvelle restait hermétique, elle ne parvenait pas à s’identifier à elle. Avait-elle des angoisses de page blanche ? Avait-elle une fille qui était rentrée sur la pointe des pieds à 4h30 du matin ? Était-elle ménopausée ?

Hier soir, alors qu’elle était face à son vide d’idées, les doigts stériles et la tête molle, elle avait été submergée par un tsunami de colère. Les stigmates de sa frustration étaient encore visibles sur le plancher brillant du bureau : elle avait envoyé valser d’un revers de main une pile de feuilles blanches qui attendait innocemment à côté de l’imprimante. Les feuilles avaient explosé, éventaillé, voleté, dispersé, éparpillé façon puzzle au quatre coins de la pièce. Un petit paquet de feuilles restait bizarrement plié, érigé en un drôle de monticule, comme un soldat fauché par une rafale de mitraillette et tombé à genoux

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25 juin 2009

parlez-moi d'amour

¯(clique pour écouter !)

CarmenCruUn beau jour (ou peut-être une nuit ?) j'écoute la radio et une chanson me donne des coups de pied dans l'oreille. Elle dit :

Tu n'es pas
La femme que j'attendais
Oh non, pourtant tu es là,
Juste à côté de moi.MikeBrant

Et moi je trouve ça super violent comme phrase. Si un mec me susurre ça au creux de l'oreille en croyant me faire fondre, il prend un pain dans la tête ! C'est quoi cette idée de dire "j'ai rien d'autre à me mettre sous la dent, alors faute de grive je vais me contenter de toi ma chérie" ?

Pourtant le jeune couillon qui braille ça (Gérald Genty qu'il s'appelle) avait l'air plutôt prometteur, qui avait intitulé son précédent album "le plus grand chanteur de tout l'étang". Mais là, non, il me déçoit !

Je préfèrerais qu'un beau brun ténébreux me dise :

C'est comme ça que je t'aime
Comme un dieu qui se meurt
Pour l'amour d'une reine
Un poignard dans le cœur

(j'ai toujours eu un petit côté midinette, mais bien caché, hein, le petit côté !)

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22 juin 2009

inuit inuits inuk inuks

inuitFemmeUne petite page vite fait. Ben ouais vite fait : c'est lundi matin, tout redémarre, les ouvriers montent aux échaffaudages et moi je suis là à glandouiller devant mon ordi et à me poser des questions tordues. Enfin plutôt c'est mademoiselle Mifa qui me les pose les questions tordues : étant donné que inuit est dans la langue inuktitut le pluriel de inuk, doit-on mettre un S à des inuits en français ?

Ben figure-toi que la réponse n'est pas si simple !...

Théoriquement, on devrait dire un inuk, des inuit (et même, s'ils sont deux seulement, des inuuk !). Si ! je t'assure ! c'est écrit .

Mais l'Académie Française a dit que les noms d'origine étrangère devaient être francisés et qu'on devait leur appliquer les règles du pluriel français (le texte officiel et une version résumée).

Nos amis canadiens francophones (qui ont certainement plus queinuitCombat nous l'occasion d'utiliser ce mot) sont beaucoup plus précis et donnent davantage d'exemples. Mais ils disent aussi que les savants peuvent employer la version savante (un inuk, des inuit). Alors choisis ton camps camarade ! Moi je crois que je resterai à des inuits (pour faire mentir ceux qui pensent que je suis une vieille réac au niveau de l'orthographe). C'est aussi le parti qu'a pris mon camarade Hagège.

Et comme d'habitude, je laisserai le mot de la fin à googlefigth (mais c'est serré hein !) :

Ça me rappelle une page que j'avais écrite au tout début de ce blog sur les paparazzi (sans S) remember ? Là non plus l'affaire n'est pas règlée...

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17 juin 2009

dictionnaire II

Tiens, avant de commencer, je te propose d'écouter une chanteuse que je viens de découvrir, Sheila Chandra. Si tu n'aimes pas, va chez l'ORL, tu dois avoir un problème d'audition !

navajo1Je disais donc, avant que tu m'interrompes de manière grossière, que le côté dictionnaire de l'amoureux m'indisposait quelque peu, le côté mise en rondelles. Cela correspond trop (pour être honnête) à la vie actuelle : pas le temps, vite vite ! fast-food, fast-portrait, épisode de série de 50 mn, flash info, week-end à Rome et tutti quanti. La lecture sur internet est particulièrement révélatrice de ce tempo, où la page doit être courte et percutante (comme sur la Minute Encyclopédique, tu vois comme je suis dans l'air du temps !). Le livre-dictionnaire se formate sur cette vie. J'eusse préféré un exposé construit, une table des matières déroulant lentement la logique du raisonnement et de la réflexion du sieur Hagège, qui a l'air d'en avoir beaucoup (du raisonnement et de la réflexion). Mais bon, puisque la mode est au dictionnaire...

Une petite citation pour la route ?navajo2
À l'article Navajo (langue des indiens du même nom) : (...) beaucoup de verbes usuels n'ont littéralement pas d'expression en soi. Ainsi, alors que la plupart des langues ont un verbe "donner", le navajo (...) propose une vingtaine de verbes différents selon que l'on donne un objet souple, comme une lanière, long, comme un bâton, susceptible d'être rassemblé en paquet, comme du foin (...). L'étude des langues nous apprend à embrasser (j'attends le comm idiot de la Fée) la diversité des modes d'appréhension du monde : ce qui paraît insignifiant aux uns est capital pour les autres, ce que la langue des uns ne mentionne même pas, celle des autres en décrit sans répit les plus menus détails.

Sinon j'avais déjà parlé de dictionnaire, tu te rappelles ?

photographies anciennes d'indiens navajos copiées

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15 juin 2009

dictionnaire

J'ai encore fait la fille de petite vertu et je me suis vendue. Rien de grave quand même, je te rassure : c'estgeisha simplement que je me suis fait offrir deux livres à la condition d'en parler sur mon blog.

Le premier, par ordre chronologique, c'est le Dictionnaire amoureux des langues de Claude Hagège, offert par les éditions Plon / Odile Jacob et l'opération "Masse Critique" organisée par Babelio.

Tu t'imagines bien que je vais te parler de ce livre sans l'avoir lu en entier (700 pages tout rond, sans les annexes). Mais c'est mon sport préféré de parler de livres que je n'ai pas lus, remember ?

Donc c'est un livre sur les langues (si tu suis tu le sais déjà) et c'est un dictionnaire. C'est un dictionnaire amoureux aussi, mais ne va pas t'imaginer une quelconque photo coquine ni même l'évocation d'un baiser, le côté amoureux reste très intellectuel ! J'étais très tentée par le côté langue, mais je m'aperçois à la lecture que le côté dictionnaire m'agace. Ce que Hagège dit est très intéressant, mais c'est dans le désordre, pas rangé, en vrac. Un peu comme si dans ton armoire tu décidais de armoireBlancranger les affaires par couleur : une étagère blanche (tes chaussettes, les torchons, les assiettes, le lait, le papier pour l'imprimante), une étagère noire (les chaussettes de ton mari, le cirage, les cachous, les gants, la télécommande) etc. Tu vois le truc ?

Tu commences à lire le chapitre "Inaliénable" à la lettre I donc, et tu lis "Pour un hispanophone ou un francophone, l'opposition de l'exclusif et de l'inclusif  (voir exclure, inclure) est un phénomène exotique, mais une autre opposition l'est tout autant : celle qui distingue l'aliénable de l'inaliénable". Donc tu laisses l'index de la main droite à la page I, et de la main gauche tu cherches à la lettre E la page Exclure, inclure. Et si t'as le malheur de tomber sur "ceci cela (voir la page machin-bidule") (c'est un exemple hein) ben là t'es mal parce que t'as plus de main !guarani

Sinon quand même le gars Hagège, il t'en bouche un coin ! Il en sait des trucs, c'est étourdissant ! Il se pose des questions que tu t'étais jamais posées ; genre : quand je dis "nous allons partir en Australie" est-ce que la personne à qui on s'adresse va partir aussi en Australie (nous inclusif) ou pas (nous exclusif). Et il nous explique qu'en français, pas moyen de savoir, mais qu'en guarani ou en indonésien il existe deux formes du pronom nous qui expriment chacun des deux cas. Donc en passant tu t'aperçois qu'il connaît des tas de langues dont tu n'as jamais entendu parler (comme le tagalog, langue StatuetteSenoufoaustronésienne des Philippines, ou le sénoufo, famille gur, Côte d'Ivoire), mais qu'en plus il les connaît par le menu puisqu'il décortique leur grammaire !

Et c'est intéressant de voir comment en parlant de grammaire on arrive à analyser les relations des hommes entre eux, leur relation au monde et leur philosophie. J'aime !

Enfin, il y a quand même à la lettre E un chapitre intitulé Étymojolie, et rien que pour ça je lui pardonne son placard en bor bazar à ce monsieur.

Pour conclure, va lire à la fin les autres titres de la collection, je crois qu'il y a des choses intéressantes : Dictionnaire amoureux du vin, Dictionnaire amoureux des menus plaisirs (je me demande de quoi ça parle ???), Dictionnaire amoureux des dictionnaires (un méta-dictionnaire en quelque sorte !).

J'avais d'autres choses à dire, mais je crois que tu en as assez pour aujourd'hui, non ?

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09 juin 2009

Promenade à Paris

Véhicules remarquables, fleurs et autres considérations...

Mon manège à moi c'est toi Elégante silhouette Héli... con ! made in China

Antiphrase 120Pt salut inspecteur ! spécial dédicace à Choule[bnkr]

fleur de pavé 136Pt 132Pt

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05 juin 2009

celtes

Loin des "celteries" folkloriques à la mode chez les lecteurs de fantasy et les amateurs de Alan Stivell,MondeCeltique l'histoire des peuples celtes est à la base de l'histoire européenne.

On appelle celtes un ensemble de peuples ayant une langue, un art et une mythologie communs. Ils apparurent en Europe centrale vers le Ie millénaire avant JC. Ils essaimèrent dans toute l'Europe entre -800 et -300, date à laquelle ils occupaient l'espace de l'Irlande à la Turquie et à l'Espagne. Au IIIe siècle avant JC, ils se trouvèrent pris en tenaille entre deux peuples expansionnistes : les Germains au nord-est et les Romains au sud. Ils se réfugièrent à l'extrème-ouest du continent : Bretagne, Pays de Galle, Ecosse, Irlande. C'est pourquoi les langues bretonne et galloise (par exemple) sont très voisines.

TorqueGauloisLes celtes formaient un ensemble de sociétés complexes et diversifiées plutôt qu'un tout homogène. Les coutumes sociales et religieuses variaient beaucoup d'un bout à l'autre de l'espace qu'ils occupaient.

On les connait essentiellement par les blogueurs auteurs de l'antiquité classique (romains, grecs) qui les appelaient Celtes, Galates ou Gaulois (donc une vue un peu biaisée puisque ces peuples étaient leurs ennemis...). On les connait aussi par les fouilles archéologiques de Hallstatt (Autriche) et La Tène (Suisse).

Leurs artistes excellaient surtout dans les arts décoratifs, et en particulier l'orfèvrerie. Les oeuvres se caractérisent par une grande stylisation, des motifs géométriques ou torsadés inspirés de la nature (végétaux, animaux)

Tout ça pour en venir à la question de R.M. (qui par ailleurs a parfois des propos sensés) : les musiques berbère etFibuleCeltique celte ont des sonorités très voisines, et il paraît (il paraît) que les celtes se seraient installés en Afrique du nord ? (il a rajouté "Ô toi madame de K que je vénère et devant qui je me prosterne jusqu'à terre" mais ma modestie m'oblige à le taire) Ben concernant cette question après moult recherches je peux dire qu'il semble bien que non. Les seuls recoins du net où j'ai vu des gens affirmer qu'il y eut des celtes en Algérie sont des forums (autant dire donc que ce sont des ragots de café du commerce). Il y a bien aussi un contributeur anonyme qui a répandu cette information dans plusieurs pages de wikipedia (dont celle sur les celtes), au prétexte qu'il y a des dolmens à Roknia, mais qui n'a pas du tout donné de référence crédible. Dolmen veut-il dire civilisation celte ? il semble bien que non ! sinon il faudrait admettre que les celtes sont allés jusqu'en Inde ! De plus, les dolmens en France par exemple sont datés entre le Ve et le IIIe millénaire avant JC, ce qui (voir plus haut) ne correspond pas à la civilisation celtique. Ce n'est pas parce beaucoup de dolmens se situent en Bretagne, pays de langue celtique, qu'il faut trouver une quelconque celtitude aux berbères (qui ont, je pense, de solides racines culturelles et n'ont pas besoin de cela !).

J'ai au contraire trouvé une référence qui semble digne de foi et qui dit le contraire, à savoir que la présence de celtes en Afrique du nord est billevesée, calembredaine et coquecigrue ! L'auteur explique même que "Le désir de retrouver, de part et d’autre de la Méditerranée, les mêmes faits archéologiques, expliquait et justifiait en quelque sorte la présence "celtique" puis française en Algérie". Attention terrain glissant !

Un peu de musique celto-berbère pour finir (ça existe en vrai hein, c'est pas des billevesées ça !) ? Mugar ou Thalweg ?

Posté par madamedekeravel à 11:22 - histoire - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juin 2009

Haïku

blancOmbresChinoises
Comme une petite faim qui se love au creux du ventre

:. l'appétit de la vie

Comme un petit vertige qui se vrille au creux du ventre

:. l'anticipation du néant

blanc
Photographie Monsieur de K

C'est un petit pouème pour faire plaisir à Pepina, et le premier qui me dit "un haïku c'est 5 7 5" je lui réponds "et la liberté du créateur alors, t'en fais quoi ?"

Posté par madamedekeravel à 07:54 - humeur - Commentaires [35] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mai 2009

sous-traitance

Je tombe sur un truc qui, paraît-il, ressurgit périodiquement tel le monstre du Loch Ness : Corneille aurait été le nègre de Molière (ou Molière l'homme de paille de Corneille, suivant le point de vue...).

corneille

L'affaire a l'air très passionnelle, des universitaires joutent, le clan des moliéristes méprisant fort le clan des corneillistes, qui le lui rend bien.

Le premier à soulever le lièvre fut Pierre Louÿs au début du siècle. L'occasion de lire quelques unes de ses savoureuses poésies érotiques (ou prose érotique aussi) (ou poésie pas érotique d'ailleurs). Seul un de ses écrits sera censuré ici, par égard pour La Fée Kabossée, celui où il fait l'éloge de la cigarette.

Cornière

Quant à Corneille écrivant du Corneille, il faut que je vous avoue que ses vers (que je cite en dessous) m'ont valu une prise de tête mémorable. J'étais au collège, je n'avais encore jamais embrassé un garçon (mais ça c'est une autre histoire) et j'ai séché tout un mercredi après-midi en me demandant ce que ça pouvait bien vouloir dire.coeur de Marie

Don Diègue
Rodrigue, as-tu du cœur ?

Don Rodrigue
Rodrigue, as-tu du cœur ? Tout autre que mon père
L’éprouverait sur l’heure.

Don Diègue
L’éprouverait sur l’heure. Agréable colère !
Digne ressentiment à ma douleur bien doux !
Je reconnais mon sang à ce noble courroux ;
Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte.
Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte ;
Viens me venger.

"Du coeur" ? Ils ne jouent pas aux cartes quand même ? Ou alors le père veut savoir si son fils l'aime ? "L'éprouverait" ? Est-ce qu'il veut dire que s'il aime son père, son père doit l'aimer aussi ? Si tu lis ça avec des yeux de 13 ans et la langue du 20e siècle (ben ouais, j'avais 13 ans au siècle dernier...) c'est quand même très mystérieux !

Posté par madamedekeravel à 22:26 - hommage - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mai 2009

art

Mademoiselle de K vient de s'acheter un livre d'art.

histo1

Mais je crois qu'il y a une erreur de couverture
(il est écrit "atlas de poche d'histologie")

hundertwasser

Edit de plus tard : j'ai ajouté une image, trouvez l'intrus !

histo2

Posté par madamedekeravel à 14:39 - mathématikart - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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